Rust, bones and rock’n’roll
(Autoproduction – 2026)
Durée 39’46 – 11 Titres
https://www.facebook.com/p/Bootleggers-100041276422781
Bootleggers est né autour de Didier Céré, chanteur à la voix râpeuse et chaleureuse, guitariste acoustique, conteur instinctif. Depuis des années, il cultive un imaginaire profondément ancré dans l’Amérique roots, les routes poussiéreuses, les bars où l’on joue trop fort, les histoires de vétérans, de rednecks, de loups sortis des cartoons, et cette fascination pour Austin, capitale mondiale du groove texan. Autour de lui, une famille musicale s’est formée, soudée par la même envie de faire du rock’n’roll sans maquillage.
Le guitariste Jeremy Mondou, compagnon de route essentiel, apporte la charpente électrique du groupe, riffs nerveux, énergie brute, sens du stomp. A leurs côtés, des invités de haut vol viennent enrichir la palette, Fred Chapellier, dont les interventions ajoutent une élégance bluesy incomparable, Red Young, légende de l’orgue Hammond, qui colore trois titres d’un groove irrésistible, Jean-Yves Lozac’h**, maître de la pedal steel, qui apporte une touche country authentique, Michel Mondou et son saxophone incandescent, parfait pour les ambiances bayou, et enfin Eva Dymco et Glenn Arzel, dont les harmonies vocales donnent de la profondeur aux ballades comme aux morceaux les plus rugueux.
Enregistré au Celestine Studios de Pau sous la houlette de l’ingénieur Alain Brunet, puis masterisé à Austin par Jerry Tubb, l’album porte la marque d’un projet pensé avec soin, mais joué avec les tripes. Bootleggers, c’est cela, une famille, une vision, une sincérité.
Dès « Austin Texas Let Me Stay Awhile », Bootleggers plante le décor avec un folk-rock chaleureux, porté par la pedal steel de Jean-Yves Lozac’h et les harmonies de Glenn Arzel. On y entend déjà ce mélange de nostalgie et de liberté qui irrigue tout le disque. Puis arrive « Teddy Boy Stomp », court, nerveux, irrésistible. Jeremy Mondou y mène la danse avec un riff sec comme un coup de fouet, tandis que le sax de Michel Mondou apporte une touche rockabilly débridée.
« Rock’n’Roll In The Bayou » et « Redneck Rock’n’Roll » prolongent cette énergie brute, groove moite, orgue Hammond brûlant, ambiance de bar où l’on danse jusqu’à épuisement. Bootleggers y montre son amour pour les musiques du Sud, sans jamais tomber dans la caricature. Avec « Tex Avery Wolf », le groupe s’amuse, joue sur l’imaginaire cartoon, mais garde ce son rugueux qui fait sa signature. Le morceau est un clin d’œil, mais un clin d’œil qui mord.
Le sommet émotionnel arrive avec « For You Vietnam Vet », ballade poignante où Didier Céré livre l’une de ses plus belles interprétations. L’orgue Hammond de Red Young enveloppe le titre d’une profondeur presque spirituelle, tandis que Jeremy Mondou signe une guitare d’une grande sensibilité. « La Rivière » et « Stampede » montrent deux facettes du groupe, la première, plus contemplative, portée par la guitare de Chapellier, et la seconde, plus sauvage, presque cinématographique, avec une progression instrumentale qui évoque une chevauchée dans les plaines.
Le final est splendide avec « Rock’n’Roll Radio », hommage aux ondes libres, irrésistible et dansant, avec « Down Town Austin », morceau ample, gorgé de groove, où Fred Chapellier et Red Young brillent, et avec Bluebonnets Trail », une ballade country élégante qui clôture l’album avec douceur et authenticité.
« Rust, Bones And Rock’N’Roll » est un album profondément humain, sincère, généreux. Bootleggers y célèbre les racines américaines avec respect, mais aussi avec une identité bien française, celle de musiciens qui aiment raconter des histoires, qui aiment le son chaud des amplis, qui aiment la vie telle qu’elle est, avec ses bosses, ses poussières, ses éclats de rire et ses cicatrices.
C’est un disque qui ne cherche pas la perfection, mais la vérité. Et il la trouve !