Tears of English town
(Hot Puma Records – 2026)
Durée 57’12 – 14 Titres
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Il y a chez Boris Maurussane quelque chose des orfèvres discrets, ces musiciens qui avancent sans tapage, mais dont chaque disque révèle une vision précise, patiente, presque architecturale de la pop. Depuis son premier album, « Social Kaleidoscope », il s’est imposé comme l’un des artisans les plus singuliers d’une scène française qui aime brouiller les frontières entre pop psychédélique, jazz, musique baroque et influences brésiliennes.
Son univers, façonné par une culture musicale large allant de Robert Wyatt à Debussy et de Stereolab à la Música Popular Brasileira, repose sur un goût prononcé pour les timbres rares, les harmonies sophistiquées et les arrangements luxuriants. Pour donner corps à cette esthétique, Maurussane s’entoure d’un véritable petit orchestre d’instrumentistes baroques, cuivres, flûtes, orgues, cordes, et d’une équipe de batteurs et claviéristes issus de la scène pop aventureuse contemporaine.
Cette recherche sonore, déjà manifeste dans « Social Kaleidoscope », s’est prolongée dans un long cycle d’écriture et d’enregistrement entamé en 2023, nourri par des sessions de studio intenses, des collaborations multiples et un travail minutieux sur les voix, les synthétiseurs et les textures.
Avec « Tears Of English Town », annoncé pour le 26 juin 2026, Boris Maurussane signe un second album qui s’annonce comme un véritable bain de lumière. Le disque, publié par Hot Puma Records, promet une pop ample, chaleureuse, traversée d’influences jazz et brésiliennes, et portée par une liste d’invités impressionnante.
Le mixage confié à Stéphane Laporte (Domotic) et Emmanuel Mario (Astrobal), ainsi que le mastering de Mike Grinser, donnent au projet une profondeur sonore remarquable, le transformant en un écrin où les guitares impressionnistes, les claviers réverbérés, les cuivres soyeux et les arrangements de cordes scintillants se répondent avec une élégance rare.
Le premier extrait, « The Season’s Ending », en dit long sur l’atmosphère du disque avec une mélodie claire, presque pastorale, qui glisse vers une pop orchestrale délicatement psychédélique. On y retrouve cette manière très personnelle qu’a Maurussane de mêler douceur mélodique, sophistication harmonique et un sens du groove discret mais omniprésent.
L’album semble prolonger les obsessions déjà présentes dans son premier opus, le rapport au temps, la nostalgie, les paysages intérieurs, les attentes et les souvenirs. Mais « Tears Of English Town » paraît y ajouter une dimension plus solaire, presque consolatrice, comme si la luxuriance des arrangements venait offrir un baume au cœur dans une époque qui en manque cruellement.
Ce second album s’annonce comme une étape importante dans la trajectoire de Boris Maurussane, celle d’un musicien qui, sans renier son goût pour les constructions complexes, parvient à toucher par la clarté de ses chansons et la chaleur de son univers.
« Tears Of English Town » est un disque qui respire, qui s’ouvre, qui accueille. Une œuvre où la sophistication ne s’oppose jamais à l’émotion, où chaque détail d’arrangement semble pensé pour servir une vision globale : celle d’une pop moderne, érudite, mais profondément humaine.
A l’heure où il s’apprête à présenter ces nouvelles chansons sur scène, Boris Maurussane apparaît plus que jamais comme l’un des créateurs les plus précieux de la scène pop hexagonale.