Dear Pola

(Osto Records – L’Autre Distribution – 2026)  

Durée 32’35 – 9 Titres 

https://www.facebook.com/dearpolamusic

Il y a chez Dear Pola une manière singulière d’habiter le silence. Née dans la Drôme, Mary, autrice, compositrice, interprète et poétesse, a façonné un univers où la folk dépouillée devient un espace de résonance intérieure. Sa voix, d’une douceur presque fragile, avance comme une confidence retenue, tandis que sa guitare en picking et open tuning trace des lignes fines, organiques, qui semblent prolonger la pensée plutôt que l’accompagner. 

Autodidacte, elle a construit son langage musical loin des artifices, dans une recherche de sincérité brute. Ses premières chansons, enregistrées dans sa chambre pour l’EP « Ma Part du Ciel » en 2023, révélaient déjà une artiste capable de transformer l’introspection en matière sonore, de faire de la mélancolie un territoire lumineux. Cette approche lui a valu d’être repérée par plusieurs dispositifs d’accompagnement, confirmant une ascension discrète mais assurée.  

Sur scène, Dear Pola installe une atmosphère de proximité rare, un espace d’écoute presque suspendu, où chaque geste musical devient un fragment de récit. Elle ne cherche ni l’effet ni la démonstration ; elle propose une immersion. Une folk intime, rêveuse, parfois austère, mais toujours habitée.   

Avec « Dear Pola », son premier album attendu pour fin octobre 2026, l’artiste franchit une étape décisive, celle de la mise en forme d’un univers déjà dense, désormais étendu sur un véritable cycle narratif. Le disque, construit comme un journal émotionnel, explore les zones sensibles de la mémoire, du deuil, du désir et des non‑dits. On y retrouve cette manière de dire sans appuyer, de suggérer plutôt que de dévoiler, de laisser les silences travailler autant que les mots.

Le morceau d’ouverture, « Take Care », installe immédiatement le ton avec une guitare délicate, une voix qui semble surgir d’un espace intérieur, et cette façon de faire naître l’émotion dans les interstices. « Little Things » poursuit ce travail du détail, comme une observation minutieuse de ce qui échappe au regard. « Cradle », plus court, se déploie comme une berceuse fissurée, tandis que « The Boundless Blue » ouvre une respiration plus ample, presque cinématographique. 

Au fil des titres, l’album dessine une cartographie intime, « Marianne » évoque les traces laissées par les rencontres, « Lemon Heart » joue sur une douceur acide, « Morning Theme » devient un instant suspendu, presque minimaliste. « Somnus » plonge dans une rêverie nocturne, et « Anthracite » clôt le disque avec une densité plus sombre, comme un retour vers les profondeurs.   

Ce qui frappe dans « Dear Pola », c’est la cohérence du geste. La production reste volontairement sobre, laissant la voix et la guitare occuper l’espace sans le saturer. On sent l’influence d’une folk introspective nourrie de poésie, d’artistes qui privilégient la nuance à l’emphase. Mais Dear Pola ne se contente pas d’hériter, elle façonne une esthétique personnelle, où chaque morceau devient une tentative de dire ce qui échappe, ce qui demeure en marge du langage. 

« Dear Pola » est un disque qui ne cherche pas à séduire immédiatement. Il demande une écoute attentive, presque méditative. Mais il récompense cette disponibilité par une profondeur rare. On y découvre une artiste qui avance avec lucidité, qui transforme ses fragilités en matière artistique, et qui propose une folk contemporaine à la fois intime, exigeante et lumineuse.

Un premier album qui confirme ce que ses premiers concerts laissaient entrevoir, Dear Pola est une voix singulière de la scène folk française, capable de toucher sans appuyer, de bouleverser sans bruit.

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