Blue to the bone

(Endless Blues Records – 2026)  

Durée 42’16 – 11 Titres 

https://mimsmick.com

Mick Kolassa possède une forme de noblesse tranquille, celle des artistes qui ne courent pas après la lumière mais qui finissent toujours par l’attirer. Né dans le Michigan, longtemps installé dans le Mississippi, il est de ces musiciens pour qui le blues n’est pas seulement un langage mais une manière d’habiter le monde.

Auteur-compositeur prolifique, philanthrope engagé qui reverse l’intégralité des bénéfices de ses disques à des organisations de soutien aux musiciens pilotées par la Blues Foundation et chanteur à la voix chaleureuse, il s’est imposé au fil des années comme une figure respectée de la scène blues contemporaine.

Son parcours est atypique, longtemps actif dans d’autres domaines professionnels, il n’a embrassé une carrière musicale à plein temps qu’à un âge où d’autres songent à ralentir. Mais cette maturité tardive est devenue sa force. Mick Kolassa a développé un style profondément personnel, nourri de tradition mais jamais figé, où l’humour, la tendresse et la finesse d’écriture se mêlent à une connaissance encyclopédique du blues.

Chaque album est pour lui l’occasion d’explorer une facette différente du genre, et « Blue To The Bone » ne fait pas exception. Avec ce nouvel effort, l’artiste signe l’un de ses disques les plus cohérents et les plus généreux. Entouré d’un casting solide, il confie la production à Jeff Jensen, fidèle complice, qui assure également toutes les parties de guitare.

Jensen apporte une direction sonore claire, à la fois chaude, organique, élégante, et avec ce grain légèrement vintage qui sied si bien à la voix de Mick Kolassa. L’album s’articule autour d’un blues roots, parfois feutré, parfois plus mordant, mais toujours servi par des arrangements soignés.

Les cuivres y jouent un rôle essentiel, jamais envahissants, ils ajoutent une profondeur soul, une respiration supplémentaire, un éclat qui illumine plusieurs titres. Cette présence donne à l’ensemble une couleur Memphis très assumée, entre groove et émotion.

Parmi les invités de marque, on remarque forcément Bob Corritore, maître de l’harmonica, qui intervient sur un titre avec une autorité tranquille. Son jeu, précis et expressif, apporte une texture supplémentaire, comme un clin d’œil aux racines les plus profondes du blues traditionnel.

Si Mick Kolassa est un songwriter accompli, il aime aussi revisiter des classiques, et « Blue To The Bone » propose deux relectures particulièrement réussies avec « If My Nose Was Runnin Money » d’Aaron Wilburn et « 16 Tons » de Merle Travis. Sans les dénaturer, il les réinterprète avec son sens du phrasé, son humour discret et cette capacité à faire sonner familier ce qui pourrait n’être qu’un exercice de style.

Ces reprises s’intègrent parfaitement à l’album, comme si elles avaient toujours fait partie de son univers. Les compositions originales, quant à elles, confirment la finesse de son écriture avec des histoires simples mais touchantes, des atmosphères variées, un blues qui sait être tour à tour introspectif, joueur ou mélancolique, et la production de Jeff Jensen qui met en valeur chaque nuance, chaque respiration, chaque intention.

On soulignera forcément l’original « Please Don’t Write This Song » qui referme l’opus avec une pointe de malice avec dont le titre parle de lui-même. Ajoutez-y un artwork percutant et vous obtenez une fois encore un très bel album de Mick Kolassa, un de plus vous diront les habitués, à écouter comme on partage un moment privilégié avec un ami ! 

Share the Post:
Retour en haut