Take me back
(Gitcha Records – 2026)
Durée 35’47 – 10 Titres
Ruby Dice, c’est d’abord une présence, une basse tenue avec assurance, une voix qui porte autant la poussière des montagnes du Colorado que la chaleur moite des nuits texanes, et une énergie qui fait d’elle l’une des figures montantes de la scène Americana actuelle. Née à Gunnison, elle grandit dans un paysage où le folk, le rock et les musiques roots se mêlent naturellement. Mais c’est à Austin, ville qu’elle adopte et qui l’adopte en retour, que son identité artistique se cristallise.
Bassiste, chanteuse, compositrice, bandleader, Ruby Dice avance avec une sincérité brute, une modernité assumée et une capacité rare à fédérer autour d’elle. Elle a partagé la scène avec Brian Wilson, enregistré ses premiers titres avec des membres de Band of Heathens, et s’est imposée comme une collaboratrice recherchée dans la capitale texane. En 2026, elle est élue Best Bassist in Austin par The Austin Chronicle, une reconnaissance qui confirme ce que les musiciens de la ville savent déjà, Ruby Dice est un moteur, une force, un cœur battant de la communauté.
Son nouvel album, « Take Me Back », prolonge cette trajectoire ascendante. Enregistré à Buds Recording Services et produit par Ruby Dice elle-même aux côtés de Calloway Ritch, Jeff Sanders et David Thacker, le disque réunit une véritable famille musicale. Plus d’une douzaine d’artistes locaux y participent, parmi lesquels Shinyribs, Bri Bagwell, Suzanna Choffel, Jordan Matthew Young, Nakia, Grey Horse, Jo James ou encore Scott Strickland. Une distribution qui dit tout de l’esprit du projet, collectif, généreux, et profondément ancré dans Austin.
« Take Me Back » est un album qui porte bien son nom. Ruby Dice y explore les lieux, les rencontres et les instants qui ont façonné sa vie de musicienne. On y entend des parfums de country, de soul, de blues et d’Americana, mais surtout une manière de les assembler qui n’appartient qu’à elle, avec une basse ronde et expressive, des guitares qui oscillent entre groove et poussière, une pedal steel qui étire les émotions, et une voix qui raconte sans artifices.
Dès les premiers titres, l’auditeur est plongé dans un univers où la nostalgie n’est jamais figée. Ruby Dice ne cherche pas à revenir en arrière, elle revisite, elle réinterprète, elle transforme. Les chansons avancent comme des instantanés de vie, parfois lumineux, parfois traversés de doutes, mais toujours portés par une écriture honnête et directe.
L’album bénéficie d’un mixage signé Sam Patlove et d’un mastering d’Andrew Hernandez, qui lui donnent une chaleur organique et une profondeur très “Austin”. On sent les studios, les répétitions, les amitiés, les nuits de concerts. On sent la ville.
La sortie du disque s’accompagne d’un court documentaire, « Making a Life Out of Art », qui suit Ruby dans son quotidien de musicienne indépendante. Le film éclaire l’album, on y découvre les visages des collaborateurs, les lieux où les chansons ont pris forme, et cette volonté farouche de construire une carrière libre, authentique, enracinée dans une communauté créative. « Take Me Back » s’adresse aux amateurs de Margo Price, Sierra Ferrell ou Sturgill Simpson, mais aussi à tous ceux qui aiment les disques où l’on entend la vie derrière les notes. Ruby Dice y signe son œuvre la plus aboutie, un album qui célèbre les artistes, les amitiés et l’esprit d’une ville qui continue de faire de la musique un art vital.