Just say yes
(Sun Records – 2026)
Durée 34’47 – 10 Titres
Il y a chez Ruthie Foster une force tranquille, une lumière qui ne vacille jamais vraiment, même lorsque la vie la met à l’épreuve. Depuis plus de trois décennies, l’artiste texane trace un chemin singulier dans le paysage du blues contemporain, mêlant gospel, soul, folk et rock avec une intensité rare. Née à Gause, petite ville rurale du Texas, Foster grandit dans un environnement où la musique est un refuge et un langage familial. Après un passage marquant dans la Navy, elle signe sur un label majeur, prête à embrasser une carrière nationale. Mais en 1993, elle met tout en pause pour s’occuper de sa mère malade. Ce choix, profondément humain, façonne la suite de son parcours, Ruthie reviendra à la musique en indépendante, avec une détermination nouvelle et une authenticité qui deviendra sa signature.
Cette authenticité, le monde entier la reconnaît aujourd’hui. En 2025, elle remporte enfin son premier Grammy Award pour « Mileage », une récompense longue à arriver pour une artiste qui n’a jamais cessé de travailler, de tourner, de créer. Mais derrière les trophées, il y a aussi les épreuves. En 2024, Ruthie Foster se blesse gravement au genou en courant pour attraper un avion, une mésaventure qui l’oblige à une opération. Au même moment, sa relation amoureuse traverse une zone de turbulence.
C’est dans cet état de vulnérabilité et de lucidité qu’elle décide de se rendre à Nashville pour enregistrer un nouvel album. Une semaine, un AirBnB, un studio, et la complicité retrouvée avec Tyler Bryant et Rebecca Lovell, la renaissance peut commencer.
Avec « Just Say Yes », Ruthie Foster signe l’un de ses projets les plus personnels, les plus audacieux, et sans doute les plus lumineux, un disque qui ne se contente pas de raconter une histoire, mais qui invite l’auditeur à dire oui à la sienne.
Tout part d’un simple post-it : « j’ai écrit ce truc sur un post-it et il disait simplement « Just Say Yes » ». Ce mantra deviendra le fil rouge d’un album qui explore les connexions, les célébrations, les défis, les doutes et les victoires intimes. Foster y navigue entre introspection et affirmation, entre fragilité et puissance.
« Yes », le titre phare est une véritable déclaration d’intention. Porté par un groove irrésistible, il fonctionne comme une invitation à embrasser la vie, même lorsqu’elle frappe à la porte sans prévenir. C’est un morceau solaire, contagieux, qui capture l’énergie de Foster lorsqu’elle transforme ses épreuves en moteur créatif.
Inspiré par les conseils de sa mère, « Take Time » est un hymne à la patience et aux petites victoires. La voix de Foster y plane avec une douceur ferme, soutenue par un orgue soul et une guitare mélodique.
« Thank You » est l’un des morceaux les plus intimes du disque. Ruthie Foster y évoque l’imposture, les doutes, les regards extérieurs qui questionnent son authenticité malgré ses accomplissements. C’est un titre bouleversant, où la vulnérabilité devient une force.
Avec « Tangled », l’artiste se fait plus combative. Le morceau est à la fois défiant et cathartique, porté par un rythme urgent et des paroles qui claquent sur fond de blues moderne, nerveux, qui montre que Ruthie Foster sait aussi rugir.
Enregistré à Nashville, l’album bénéficie de la production inspirée de Tyler Bryant et Rebecca Lovell, épaulés par Megan Lovell et Mike Seal. Ensemble, ils offrent à Ruthie Foster un écrin chaleureux, où les guitares roots, les orgues soul et les grooves rock se mêlent sans jamais étouffer la voix, cet instrument majestueux qui reste au centre de tout.
A l’heure où elle s’apprête à défendre l’album sur les scènes du monde entier, de l’Americana Fest à Nashville jusqu’à Paris, Londres, New York ou Chicago, Ruthie Foster apparaît plus libre, plus forte, plus lumineuse que jamais.