THOM AND THE TONEMASTERS

We will heal you – Session 1

(InOuïe Distribution – 2026)  

Durée 33’11 – 7 Titres 

https://www.thomhirsch.com

A l’heure où beaucoup cherchent à dire plus fort pour être entendus, Thom And The Tonemasters prennent le contrepied et choisissent la voie du murmure, du geste musical qui raconte sans imposer. Derrière ce projet singulier se trouve Thomas Hirsch, guitariste à la croisée du blues, du jazz et de la narration sonore, un artisan du son qui a longtemps façonné son identité avant de revenir avec une vision plus claire que jamais, faire parler les instruments, et leur laisser le soin de dire ce que les mots ne savent plus exprimer.

Après une période de pause et d’introspection, Thomas Hirsch revient avec une envie presque viscérale de redonner vie à son jeu. Son approche, nourrie par les maîtres du swing blues comme Duke Robillard et Jimmie Vaughan, s’équilibre aujourd’hui avec les influences plus jazz et plus libres de John Scofield ou Kenny Burrell. Ce mélange crée une signature sonore rare, un blues instrumental qui respire, qui laisse de l’espace, qui raconte.

Pour incarner cette vision, il s’entoure de musiciens capables de saisir l’essence de chaque nuance, Bertrand Couloume à la contrebasse, Simon Boyer à la batterie, Olivier Cantrelle aux claviers, Julien Silvand à la trompette et Laurent Meyer au saxophone. Ensemble, ils deviennent les Tonemasters, une formation qui ne cherche pas la démonstration mais la profondeur, un collectif où chaque respiration compte.

Avec « Time Will Heal You – Session 1 », Thom And The Tonemasters livrent un opus qui dépasse les frontières du blues instrumental traditionnel. Ici, chaque morceau est une scène, chaque motif une émotion, chaque silence un personnage. L’album se déploie comme un film intérieur, un voyage où le piano Rhodes, la trompette et la guitare tissent un langage commun, fait de tension et de tendresse.

Le jeu de Thomas Hirsch, à la fois précis et instinctif, s’inscrit dans une esthétique hybride  avec le swing blues pour la chaleur, le jazz West Coast pour la fluidité, et une cinématographie sonore pour la narration.

Le piano Rhodes d’Olivier Cantrelle apporte une douceur électrique, presque nostalgique. La trompette de Julien Silvand joue le rôle de voix principale, tantôt fragile, tantôt lumineuse. La contrebasse de Bertrand Couloume et la batterie de Simon Boyer créent un écrin rythmique subtil, jamais envahissant. Quant au saxophone de Laurent Meyer, il ajoute une dimension narrative, comme un second narrateur qui viendrait commenter l’histoire.

Le titre « Time Will Heal You » n’est pas un slogan, c’est une intention musicale. L’album avance avec patience, sans chercher l’effet immédiat. Il propose une écoute introspective, presque thérapeutique, où les instruments semblent se répondre comme des voix intérieures.

On y trouve des mélodies suspendues, des grooves feutrés, des montées émotionnelles lentes et des silences qui comptent autant que les notes. C’est un disque pour ceux qui écoutent au‑delà du son, pour ceux qui cherchent la vibration plutôt que la virtuosité, pour ceux qui aiment que la musique raconte sans parler.

En choisissant de travailler par sessions, Thomas Hirsch ouvre la porte à une œuvre évolutive, presque sérielle. Cette première session pose les fondations, un univers cohérent, une identité forte, une manière de dire le blues autrement. On ressort de l’écoute avec la sensation d’avoir traversé un paysage intérieur, d’avoir entendu une histoire sans mots.

Thom And The Tonemasters signent avec « Time Will Heal You – Session 1 » un album rare, élégant, profondément humain. Une œuvre qui ne cherche pas à impressionner mais à toucher. Une musique qui soigne, qui apaise, qui raconte. Une musique qui, effectivement, laisse le temps faire son œuvre.

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