Hope molecules
(Autoproduction – 2026)
Durée 53’26 – 10 Titres
Il appartient à cette famille de musiciens dont le parcours semble guidé par une succession de rencontres décisives, de hasards lumineux et d’élans intérieurs longtemps contenus. Batteur et compositeur monténégrin, Slaven Ljujić a été formé au prestigieux Berklee College of Music de Boston et s’est imposé au fil des années comme l’une des voix montantes du jazz contemporain issu des Balkans, naviguant avec aisance entre les scènes de Macédoine du Nord, du Monténégro et de France. Son jeu, à la fois précis, organique et profondément ancré dans le groove, a rapidement attiré l’attention de musiciens européens de premier plan.
C’est d’ailleurs au gré des jams parisiennes et des festivals que Slaven tisse les liens qui donneront naissance à son Super Group. A ses côtés, on remarque trois personnalités fortes, Linley Marthe, bassiste électrique au son tellurique, dont l’influence sur Slaven remonte à l’enfance, Laurent Coulondre, claviériste virtuose rencontré lors d’une jam spontanée qui scellera une complicité immédiate, et enfin Ben Kraef, saxophoniste allemand et ami de longue date avec qui Slaven partage une histoire musicale débutée en 2014 à Podgorica.
Le quartet se forme ainsi naturellement, comme une évidence artistique. Leur premier concert commun, donné en avant-première au J.A.M Festival de Podgorica, agit comme un catalyseur. Portés par l’énergie brûlante du live, les quatre musiciens entrent dès le lendemain en studio pour enregistrer, dans les conditions du direct, ce qui deviendra « Hope Molecules », le premier album de Slaven Ljujić en tant que leader.
Avec cet ouvrage, Slaven Ljujić signe un premier album qui ressemble à une libération. On y sent des années d’idées accumulées, de tensions créatives, de fragments mélodiques et rythmiques qui attendaient leur moment pour prendre forme. Le disque se présente comme un voyage entre plusieurs mondes, l’Est et l’Ouest, les racines balkaniques et l’héritage du jazz fusion, l’introspection et l’élan collectif.
Dès les premières mesures, le quartet impose une esthétique claire, un jazz contemporain vibrant, nourri de groove, de lyrisme et d’une énergie presque physique. La basse de Linley Marthe, profonde et mouvante, agit comme une colonne vertébrale. Les claviers de Laurent Coulondre apportent une dimension harmonique riche, parfois électrique, parfois aérienne. Le saxophone de Ben Kraef, tantôt incisif, tantôt chantant, trace des lignes mélodiques qui s’élèvent comme des appels. Et au centre, Slaven Ljujić dirige, impulse, respire, avec un jeu de batterie qui conjugue précision, souplesse et sens du récit.
L’album porte bien son nom, « Hope Molecules » évoque un mouvement vital, une montée d’énergie qui circule, relie, élève. La musique cherche avant tout à toucher, à créer du lien, à rappeler ce que signifie être vivant. On y perçoit l’enthousiasme du live, la spontanéité de l’enregistrement en direct, mais aussi une grande maturité d’écriture. Chaque morceau semble animé par une intention claire, transmettre une émotion, une vibration, un souffle.
Ce premier opus marque ainsi un tournant dans le parcours de Slaven Ljujić. Il révèle un compositeur pleinement affirmé, capable de fédérer autour de lui des musiciens d’exception et de donner naissance à une œuvre cohérente, généreuse et profondément humaine. « Hope Molecules » n’est pas seulement un album, c’est une déclaration d’existence, un geste artistique qui affirme que la musique peut encore et toujours créer de l’espoir.