Memwar

(InOuïe Distribution – 2026)  

Durée 27’55 – 10 Titres 

https://www.jonathanbenisty.com

https://www.facebook.com/jbenisty

Jonathan Benisty a une manière rare d’habiter la musique, à la fois avec la précision d’un artisan et l’ouverture d’un voyageur. Ancien bassiste des Fatals Picards, mais aussi compagnon de route de nombreux projets indépendants, il s’est forgé au fil des années une identité artistique singulière, nourrie de curiosité, de rencontres et d’un goût profond pour les dialogues culturels. Musicien instinctif, compositeur sensible, il avance toujours avec cette conviction que la musique n’est jamais un territoire clos mais un espace de circulation, de mémoire et de transmission.

Formé sur scène plus qu’en école, Benisty a longtemps évolué dans l’univers du rock alternatif français, où il a affûté son jeu de basse, son sens du collectif et son goût pour les projets hybrides. Mais derrière l’énergie électrique, il y a toujours eu chez lui un attrait pour les musiques du monde, les rythmes traditionnels, les textures organiques.  

Ce sont ces intuitions qui l’ont conduit à multiplier les collaborations, à s’ouvrir à d’autres esthétiques, et finalement à rencontrer Michel Nkouaga, musicien camerounais originaire de Douala. Une rencontre décisive, presque initiatique, qui donnera naissance à un projet hors norme, « Memwar ».,

Annoncé de longue date et enfin paru à la mi-avril, « Memwar » est bien plus qu’un album, c’est une œuvre collective, un carnet de route sonore, un espace où se croisent les voix, les paysages et les mémoires de l’Afrique de l’Ouest. Écrit, composé et réalisé au Cameroun, l’album s’imprègne profondément des musiques locales, des gestes instrumentaux traditionnels et de la poésie des langues qui s’y parlent.   

Jonathan Benisty et Michel Nkouaga tissent ici une musique qui refuse les frontières. On y entend des percussions locales, une flûte pygmée, la sanza, le balafon, mais aussi des guitares et basses électriques, du piano, du mélodica, du saxophone …

Cette combinaison crée un univers sonore à la fois aérien et enraciné, où les rythmes traditionnels rencontrent des nappes rock planantes. Une musique presque mystique, délicate, mélancolique, qui évoque autant les paysages humains que les émotions profondes, douceur, douleur, résilience.  

Les morceaux, chantés en plusieurs langues, dont le Français et l’Anglais, prennent parfois la forme d’incantations. La chanteuse camerounaise Paul’Or apporte sa voix aux chœurs, ajoutant une dimension supplémentaire à cette polyphonie sensible. 

Le titre Désert, disponible sur les plateformes avant la sortie de l’album, donnait le ton avec une ambiance de calme, de volupté, presque de suspension. Une musique qui élève, qui invite à la rêverie, qui ouvre un espace intérieur. On y perçoit la volonté du duo de créer non pas un simple album, mais une expérience sensorielle, un chemin vers l’ailleurs.  

Classé dans les musiques du monde, « Memwar » est pourtant bien plus large que cette étiquette. Il interroge les liens entre les cultures, les hommes, les époques. Il rappelle que, d’un continent à l’autre, les aspirations humaines se ressemblent, doutes, espoirs, besoin de sens, désir de partage. En cela, l’album agit comme un pont : il rapproche, il relie, il ouvre des horizons. Il montre que la musique peut faire se rencontrer les extrêmes, abolir les distances, créer un espace commun.   

Avec « Memwar », Jonathan Benisty confirme ce que son parcours laissait déjà deviner, qu’il est un musicien passeur, un artisan du lien, un créateur qui cherche moins à briller qu’à faire circuler les voix et les mémoires.  

Aux côtés de Michel Nkouaga, il signe un album d’une grande beauté, à la fois intime et universel, qui résonne longtemps après l’écoute. Un projet rare, précieux, qui rappelle que la musique peut encore être un lieu de rencontre, de poésie et d’humanité.

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