Raised on the blues
(Autoproduction – 2026)
Durée 43’22 – 10 Titres
Né Larry Ra’Shad Lavar McGill fin septembre 1987 à Laurel, Mississippi, au cœur de la région du Piney Woods, RaShad The Blues Kid n’a pas grandi dans une famille de musiciens, mais la musique l’a choisi très tôt. Il raconte que la soul et le gospel ont bercé son enfance, s’infiltrant en lui avant même qu’il ne sache jouer. Souffrant de problèmes d’asthme, d’allergies et de troubles auditifs dans ses premières années, il trouve refuge dans les sons de l’église, où le guitariste Billy Evans devient une figure déterminante, presque un tuteur musical. C’est à 16 ans qu’il saisit une guitare pour la première fois, et l’instrument ne le quittera plus.
Adolescent, il partage son temps entre le football où il excelle et la musique. Mais une blessure au genou met fin à ses ambitions sportives et le ramène définitivement vers son véritable chemin, le blues. Après un passage à la Jackson State University, il fonde en 2011 The Groove Band, formation qui accompagne plusieurs artistes de Southern Soul comme LaMorris Williams ou Krishunda Echols. Un soir, le chanteur principal arrive en retard, RaShad prend le micro, presque par accident, et découvre une évidence, il est fait pour être devant, pas derrière.
Sa trajectoire prend un tournant décisif lorsqu’il rencontre le bluesman L.C. Ulmer, figure locale d’Ellisville. Ulmer devient son mentor, lui transmettant une philosophie simple, tu dois mettre quelque chose sur ce papier pour gagner ton million comme B.B. King. A la mort d’Ulmer en 2016, RaShad adopte officiellement le nom RaShad The Blues Kid en hommage à celui qui l’a façonné.
Depuis, il multiplie les projets, entre singles remarqués, albums studio, un live à Clarksdale en 2025 et une seconde place à l’International Blues Challenge à Memphis la même année. En 2024, il avait déjà été intronisé au Blues Hall of Fame of Alabama, preuve que son influence dépasse largement les frontières du Mississippi.
Sorti le début, « Raised On The Blues » est un recueil de dix titres qui porte bien son nom puisque RaShad y raconte non seulement son histoire, mais celle de tout un territoire, celui du Pine Belt, où le blues n’est pas un genre mais une manière de respirer.
Dès les premières mesures, on retrouve la signature de RaShad, une guitare chaude, expressive, héritière autant de Little Milton que de John Mayer, un groove qui oscille entre soul sudiste et blues contemporain, et une voix qui raconte plus qu’elle ne chante. L’album s’inscrit dans la continuité de « Bluz Me », mais avec une maturité nouvelle puisque RaShad semble avoir trouvé l’équilibre parfait entre tradition et modernité.
Le disque est traversé par un fil rouge, la transmission. RaShad y évoque Laurel, sa ville natale, ses mentors, ses combats personnels, et cette conviction que le blues est une école de vie. On y entend l’enfant qui observait les répétitions à l’église, l’adolescent qui jouait jusqu’à user les CD, l’homme qui a transformé ses blessures en force.
La production est claire, chaleureuse, sans artifices. La guitare occupe une place centrale, tantôt caressante, tantôt tranchante, toujours expressive. RaShad n’en fait jamais trop, chaque note semble pesée, pensée, vécue, tout en restant naturelle et spontanée.
« Raised On The Blues » est bien plus qu’une collection de chansons, c’est un chapitre autobiographique, un hommage à ceux qui l’ont guidé et une lettre d’amour à son Mississippi natal. On y ressent la fierté, la douleur, la résilience, et plus généralement tout ce qui fait le blues.
Avec ce nouvel effort, RaShad The Blues Kid signe l’un de ses projets les plus aboutis. C’est un album authentique, généreux, profondément humain, qui confirme sa place parmi les voix les plus sincères du blues contemporain. Un disque indispensable pour quiconque veut comprendre ce que signifie être élevé par le blues.