Seventeen states

(Hot Puma Records – 2026)  

Durée 24’09 – 8 Titres 

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Un groupe comme Discover ne se raconte jamais en ligne droite. Leur histoire ressemble plutôt à une succession d’élans, de bifurcations, de retours à l’essentiel, comme si chaque étape cherchait à capter un état intérieur avant de devenir un geste musical. Formé autour de Nova, voix soyeuse et instinctive, et d’un noyau de musiciens rompus aux scènes pop, soul et rock, Discover s’est imposé au fil des années comme un laboratoire sensible, un lieu où les mélodies se frottent aux tensions du monde, où les arrangements se construisent comme des paysages émotionnels, où chaque disque tente d’attraper quelque chose de vrai, même fugace.  

Né d’une envie de concilier l’énergie brute du rock et la sensualité de la soul, le groupe a d’abord exploré des territoires plus feutrés, presque cinématographiques, avant de s’ouvrir à des sonorités plus directes. Cette évolution n’a rien d’un virage opportuniste, elle traduit plutôt une maturité, une manière d’assumer pleinement ce qui les traverse. L’arrivée de collaborateurs comme Yarol Poupaud ou Olivier Albert Brion a renforcé cette dynamique, offrant au groupe un cadre où l’exigence technique se met au service de l’émotion. Discover est devenu, au fil des projets, un collectif qui avance avec une conscience aiguë de son époque, sans jamais renoncer à la chaleur humaine qui irrigue sa musique.  

Avec « Seventeen States », Discover franchit un cap. Le groupe signe un album plus rock, plus frontal, mais toujours habité par cette élégance pop et ces inflexions soul qui constituent sa signature. Les guitares y tiennent un rôle central, dessinant des lignes tantôt tranchantes, tantôt rêveuses, tandis que le piano et les cuivres installent des atmosphères mouvantes, presque narratives. La batterie organique de Yarol Poupaud donne au disque son impulsion physique, son battement vital, cette sensation d’avancer coûte que coûte.  

Au cœur de ce dispositif, la voix de Nova se déploie avec une intensité nouvelle. Soyeuse, sensuelle, parfois presque spectrale, elle navigue entre douceur et tension, comme si elle cherchait à éclairer les zones d’ombre que les instruments soulèvent. Cette dualité donne au disque son relief, un mélange d’onirisme et de puissance rythmique qui fait de Discover un groupe capable de concilier la fragilité et l’impact.  

Les sept compositions originales forment une traversée émotionnelle où se mêlent histoires intimes, contradictions, fractures du présent. On y sent des élans, des hésitations, des colères rentrées, des élargissements soudains. L’album ne cherche pas à résoudre ces états contradictoires, il les expose, les embrasse, les transforme en matière musicale.  

La réinterprétation de « 1963 » de New Order constitue l’un des moments les plus marquants du disque. Sans jamais singer l’original, Discover en propose une lecture plus charnelle, plus sombre, qui met en lumière la violence du récit et l’inscrit dans une sensibilité contemporaine. C’est un hommage, mais aussi une réappropriation, un geste artistique qui affirme la capacité du groupe à revisiter les héritages pour mieux dire le présent.  

Produit avec une précision remarquable par Yarol Poupaud et Olivier Albert Brion, « Seventeen States » est un album dense, habité, qui confirme Discover comme l’une des formations les plus sensibles et les plus audacieuses de sa génération. Un disque qui ne cherche pas à plaire, mais à toucher. Et il y parvient.  

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